borom touba

Aperçu sur le personnage

En introduisant la plupart de ses ouvrages sur les Sciences Religieuses, l'Auteur, en l'occurrence CHEIKH AHMADOU BAMBA s'annonce en ces termes : "Ahmad, l'indigent spirituel, fils de Ahmad... " ou "Ahmad, descendant de Habîballah de la famille Mbacké ... " ou encore "Mouhammad, Fils de son maître spirituel Mouhammad... "

De son vrai nom Mouhamad ben Mouhamad ben Habîballâh , CHEIKH AHMADOU BAMBA nous parvint par la grâce de DIEU au mois de Muharram en l'an 1272 H. soit l'an 1855, à Mbacké, une localité située dans le Baol du Sénégal des royaumes.

Fondé par son grand-père, le village porte le nom de la famille Mbacké dont la piété très connue leur valut une influence religieuse particulière, un respect et une vénération pour la FACE de DIEU.

Hommes de haute culture et d'une orthodoxie stricte dans l'assimilation des valeurs culturelles islamiques, ils firent du village de Mbacké un centre académique et une capitale spirituelle.

Le père du CHEIKH , Mouhammad MBACKE, appelé Momar Anta Saly, était un éminent jurisconsulte, un dévot qui enseignait le CORAN et les sciences religieuses ; sa mère , Mariama Bousso, grâce à sa piété, sa vertu et son scrupule, eut le privilège de répondre au nom de "jâratu-l-lâh" (voisine de DIEU) au milieu des siens.

Ses parents ont très tôt découvert en lui une perfection innée qui s'est traduite par des attitudes et habitudes de piété, de bonne conduite morale, de dévotion, de solitude, de méditation et un comportement exécrant l'amusement, l'indécence et le péché.

Partout où Il passa durant son cursus, après avoir parfaitement assimilé le CORAN, que ce soit pour l'acquisition des sciences religieuses ou instrumentales comme la grammaire, la prosodie, la rhétorique, etc., on lui reconnut unanimement une Perfection Spirituelle qui ne pouvait que résulter d' une lumière provenant de DIEU.

Jusqu'à l'an 1300 H. (1882) , Il assurait l'enseignement auprès de son père et sa carrure intellectuelle lui avait permis, dans le cadre des fonctions que celui-ci lui confiait, d' écrire dans certains domaines des Sciences Religieuses et Instrumentales pour les rendre plus accessibles.

Il composa à cet effet le " Jawharu-n-Nafîs " (le Joyau Précieux) qui est une versification du traité de jurisprudence de Al Akhdari , le " Mawâhibul Quddûs " (les Dons du TRES-SAINT) qui est une reprise versifiée de l'ouvrage de théologie de l' Imâm As-Sanusi intitulé "Ummul Barâhin" (la Source des Preuves), le "Jadhbatu-ç-çighâr" (L'Attirance des Adolescents) qui est un ouvrage traitant particulièrement des articles de la foi, le " Mulayyinu- ç-cudûr "(L'Adoucissement des c½urs ) qui reprend en versification le " Bidâyal Hidâya " (le Commencement de la Bonne Direction ) de l'Imâm Al Ghazâlî ; le Cheikh reprendra par la suite ce poème sous le titre de "Munawwiru-ç-cudûr" (l'Illumination des c½urs). C'est un ouvrage qui traite du perfectionnement Spirituel.

Plus tard, Il composera bien d'autres ouvrages dans les domaines de la Jurisprudence, de la Théologie, du Soufisme, de la Bonne éducation et dans d'autres branches comme la grammaire .

# Posté le samedi 21 mai 2005 11:42

la vie de serigne touba à partir de 1301 de l'hegire.(1883)

la vie de serigne touba à partir de 1301 de l'hegire.(1883)
La vie du CHEIKH à partir de 1301H. (1883)

L'an 1301 H. (1883), qui est le point de fracture le plus important de son Hagiographie, apportera, nous le verrons plus loin, de grandes mutations dans son itinéraire spirituel et du même coup, dans sa personnalité intellectuelle ; en gros, des changements qui ont reconverti entièrement sa plume au service du Prophète (Paix et Salut sur Lui), dans des thèmes tels que :

la glorification de la venue du Prophète au monde ;
l'exaltation de l'Unicité de DIEU, dans le service du Meilleur des envoyés ;
le Combat Spirituel du Prophète ;
la plus grande victoire de la foi sur l'infidélité sous son égide (à Bedr) ;
la victoire de la soumission, en l'occurrence l'Islam, sur l'idolâtrie, en un mot, la Réhabilitation de l'Islam.
Des panégyriques du Prophète qui embrassent ces thèmes essentiels et dont les genres et le génie littéraires reflètent les dons exceptionnels de l' auteur parmi eux :

LES PREMICES DES ELOGES (Muqaddamâtul Amdâh), L'Acrostiche du Verset "QUICONQUE OBEIT AU MESSAGER OBEIT (par là–même) A DIEU" (s.4 v.80), LES DONS DU PROFITABLE (Mawâhibu-n-Nâfic ) , "MIMIYA" une rime anonyme en "mîm", L'ATTIRANCE DES C¼URS (Jadhbul Qulûb).

Le rappel de son père à DIEU, survenu une nuit de mardi du mois de muharram de l'an 1300 H. (1882) à Mbacké du Cayor, non seulement venait lui ôter la tutelle de celui à qui il obéissait religieusement, mais allait révéler sa vraie physionomie mystique et spirituelle. Le stade de dévotion à DIEU qu'il atteignit, malgré les hostilités que lui manifestaient les gens de son époque, démontre sans équivoque son appartenance au cercle "des hommes de DIEU". Il n'était l'esclave ni des futilités du bas-monde, ni de l'autorité coloniale dominatrice, ni de celle des chefs païens de la vieille aristocratie locale.

Cette attitude d'un Homme esseulé, dénonçant l'arbitraire et la corruption d'où qu'ils vinssent et ne reconnaissant que la seule Autorité du MAITRE des mondes, allait marquer sa vie. C'est ainsi qu'en réponse aux dignitaires qui, à la suite de l'oraison funèbre de son père, lui suggérèrent d'accepter d'occuper la fonction de conseiller du roi, il déclina cette offre du bénéfice de l'obligeance des sultans et écrivit :

"Penche vers les portes des sultans –m'ont-ils dit– afin d'obtenir des dons qui te suffiraient pour toujours".
"DIEU me suffit –ai-je répondu– et je me contente de LUI, et rien ne me satisfait si ce n'est la Religion et la Science".
"Je ne crains que mon ROI et ne porte mes espoirs qu'en LUI, car IL me protège et m'enrichit"
"Comment disposerais-je d'ailleurs ma destinée entre les mains de ceux-là qui sont incapables de régler leur sort ?"
C'était là un double défi lancé à la fois aux sultans à qui le Cheikh rappelait leur servitude vis-à-vis de Leur SEIGNEUR ALLAH et à l'élite de l'orthodoxie musulmane dont Il dénonçait la complaisance. Quant aux grands maîtres de gnose de son époque, animés du dessein de l'éprouver, ils ne tardèrent pas à découvrir leurs lacunes, sans toutefois arriver à sonder les profondeurs de sa spiritualité .

Ses confrontations avec l'administration coloniale représentaient cependant l'un des aspects les plus importants de son Hagiographie. Au début du 19 ème siècle, les exigences de l' industrialisation (recherche de matières premières et de marchés) et la volonté impérialiste de l'Europe, ayant abouti à la colonisation ont dicté à la France une Politique de conquête territoriale à partir des anciens comptoirs commerciaux. Cette politique expansionniste rencontra au Sénégal de farouches résistances, tant du côté des chefs musulmans que de celui des thiédos (guerriers de l'aristocratie).

Mais en 1891, la conquête territoriale fut achevée dans un constat d'échec retentissant de toute la résistance armée au Sénégal . C'est alors que la France entreprit d'assimiler la colonie du Sénégal aux valeurs culturelles occidentales et, pour y réussir, elle proposa sa religion et la suppression pure et simple ou, à défaut, la corruption du culte exclusif rendu à DIEU.

Elle mena alors un combat sans précédent, allant de l'éloignement (internement) au bannissement et à la déportation des guides spirituels, pour démobiliser les fidèles .

Son (le Cheikh) aspiration profonde à DIEU et son amour ardent envers l'Elu de DIEU furent tels que DIEU lui révéla DIEU, selon son expression, et devant la splendeur de Sa GRANDEUR, Il entreprit d'être fidèle au Pacte primordial de soumission à [DIEU] ; alors, DIEU lui indiqua le Prophète (Paix et Salut sur Lui) qui est le guide de la voie de la soumission.

Lorsqu'en 1301 H. (1883) l'Elu lui parvint, il conclut avec lui le Pacte d'Allégeance, pour la FACE de DIEU, et ce dernier lui ordonna d'engager ses disciples dans cette voie. Le Mouridisme était né. Ce fut à Mbacké Cayor.

Ainsi le culte exclusif qu'il professait devenait public, car il commença à l'inculquer à ses disciples; c'est pourquoi il devint l'ennemi numéro un du pouvoir colonial.

Non seulement les foules affluaient vers lui, mais il fonda la Ville de TOUBA pour mieux servir avec elles la cause de DIEU.

Dans son ardeur spirituelle, il voulut accéder au rang des compagnons, serviteurs du Prophète, qui ont combattu à Bedr.

Ce "degré suprême" [CORAN S.9 V.20] dont parle le CORAN à l'endroit des compagnons, est obtenu par le sacrifice du sang versé en vue d'élever la voix de DIEU.

Et l'abrogation de la prescription du sang versé, à cause du Pacte d'Allégeance, devait mener le Cheikh dans la voie du combat spirituel qui est celle du sacrifice de l'âme et des biens pour la cause de DIEU, dans le respect du sang des autres .

En 1312 H. (1895), dans sa retraite spirituelle (Ictikâf), le Prophète lui signifia que le sang versé était abrogé et le prix qui fait accéder à ce rang est une somme d'épreuves trop lourdes à la charge exclusive du postulant. Le pacte fut conclu et le Décret DIVIN le mit en confrontation avec ses ennemis contemporains pendant plus de trente deux ans durant lesquels il brava les exils, les brimades, les persécutions et les bannissements, pour se raffermir dans la profession de l'Unicité de DIEU, ne reconnaissant qu'un Seul Maître, DIEU et DIEU exclusivement. Il en sortit auréolé de succès. Et de ce combat, il impétra le rang de SERVITEUR PRIVILEGIE du PROPHETE.

Autant le pouvoir infidèle voulut, à travers l'exil au Gabon, en Mauritanie, les persécutions, les résidences surveillées à Thiéyène et à Diourbel, corrompre la foi musulmane, autant le Cheikh, dans son mystère inviolable et son indépendance dans le culte rendu à DIEU, a réhabilité l'Islam dans sa forme la plus authentique.

Partout dans le pays, le Cheikh a revigoré la foi musulmane, redonné aux populations, sans la contrepartie de leur sang, de leur dignité et de leur personnalité. Il a de surcroît introduit le plus naturellement dans les m½urs, la soumission exclusive à DIEU et non à une quelconque autre autorité. Ainsi, la Communauté musulmane retrouvait son âme .

A partir donc de l'année 1313 H. (1895), l'étape du combat contre l'infidélité fut marquée par une production inestimable de panégyriques envers l'Elu le plus pur (Al Muçtafâ), le Choisi le Meilleur (Al Mukthâr), des écrits d'action de grâce envers DIEU et son Prophète(Paix et Salut sur Lui), de Sagesses, d'Hagiographie, d'Oraisons initiatiques, incantatoires et mystiques.

En 1346 H. (1927), DIEU exauça ses v½ux en le favorisant d'un séjour terrestre équivalent au nombre de versets de la sourate "les Groupes" (sûratu-z-Zumar) dont l'issue [le soixante douzième verset] est la récompense d'une vie entière dévouée à DIEU :

"Ceux qui auront craint leur SEIGNEUR seront conduits par groupes vers le Paradis. Lorsqu'ils seront en vue des portes, celles-ci s'ouvriront toutes grandes, les préposés leur diront : "Que la Paix vous suive ! vous avez été si vertueux , si purs. Entrez en cette Demeure pour un séjour éternel". Les voix des bienheureux s' élèveront en ch½ur : "LOUANGE A DIEU !".

# Posté le samedi 21 mai 2005 11:54

cheikh mouhamadou mourtada mbacke ibn cheikh ahmadou bamba

cheikh mouhamadou mourtada mbacke ibn cheikh ahmadou bamba
SERIGNE MOURTADA MBACKÉ (L'AMBASSADEUR DE SERIGNE TOUBA)
Alors qu'au pays où des instituts islamiques et des autobus aux "tarifs sociaux" ont fini d'asseoir sa réputation, Serigne Mourtada restera toujours la générosité faite discrétion. De sorte que ce 8 août 2004 marque la fin à 82-83 ans, d'un long et élogieux parcours dédié à l'Islam, à la propagation des enseignements de son père Cheikh Ahmadou Bamba et à l'assistance à son prochain. Car avec sa disparition, le Mouridisme perd également un grand humaniste qui, dans un environnement fortement marqué par la pauvreté, avait fait du social une seconde nature..

C'est un missionnaire de la foi, aimé, admiré et respecté au Sénégal, mais aussi reconnu et recherché hors de nos frontières, surtout dans ces lointaines contrées, où il a tracé le sillon, puis ensemencé l'Islam et veillé sur son rayonnement, qui s'en va se présenter au-devant de son Créateur. Les témoignages qui ont fusé de tous les coins du monde, dès l'annonce de la triste nouvelle, mettent en valeur ses qualités humaines qui étaient l'affabilité, la discrétion, la générosité, la courtoisie, l'humilité, l'altruisme et un amour prononcé pour son prochain, quelles que soient sa couleur et ses convictions religieuses. Sa vie entière, il l'aura consacrée à se rendre utile à son prochain. Il aura fait un long compagnonnage avec la prescription de son vénéré père, Cheikh Ahmadou Bamba qui a toujours enseigné à ses disciples «le travail comme si l'on devait vivre des siècles et la prière comme si l'on devait mourir dans la seconde qui suit». Abreuvé à la source de Serigne Ndame Abdourahmane Lô, Serigne Mourtada gardera envers lui, et jusqu'à ses derniers instants, cet amour tyrannique pour l'instruction et l'éducation. Ce sacerdoce le conduira à créer d'innombrables instituts islamiques et des écoles franco-arabes. Mieux, il accompagnera les étudiants sortis de ses moules dans les prestigieuses universités arabes. Pour pérenniser sa mission, le saint homme mit sur place une organisation d'appoint, basée sur une régie de transport interurbain, des boulangeries et des essenceries. De la sorte, il bouclait la boucle et prenait en charge le traitement des enseignants de ses écoles. Les produits tirés des différentes activités étaient réinjectées dans la création de nouvelles écoles ou la consolidation de celle déjà existantes. D'un autre côté, Serigne Mourtada Mbacké s'était armé de son bâton de pèlerin, pour faire avancer les frontières non seulement du mouridisme, mais de l'Islam tout court. Ainsi, il aura revisité Mayombé (l'île aux poulets). Il implanta la religion de tolérance aux USA, en Europe et dans de nombreux pays africains. À convoquer l'histoire, on se rend compte qu'il a allumé et ravivé de nombreux foyers mourides dans des zones où ce n'était pas gagné d'avance pour l'islam ; d'autant plus que la religion était regardée à travers des prismes déformants d'un Occident qui confondait islam et intolérance. Serigne Mourtada a toujours sublimé l'enseignement et le travail, jusqu'à n'en plus pouvoir. À côté de sa fonction de missionnaire, le saint homme était un refuge sûr pour le pauvre et l'indigent, l'ignorant et le pénitent, le croyant et le mécréant, enfin, il y allait de sa largesse envers l'homme dans toute sa dimension

Serigne Mourtada, le multidimensionnel !

À côté de celui qu'on appelle couramment l'ambassadeur du Mouridisme dans le monde entier, ou encore “ ministre des affaires étrangères du khalife général des mourides ”, il y a Mourtada l'éducateur, le bâtisseur, l'investisseur pour le bien être des plus démunis. Mais le fils cadet de Cheikh Ahmadou Bamba n'en était pas moins un infatigable voyageur au service de l'actuel khalife général des mourides. En effet, en plus de ses nombreux déplacements à l'étranger, il représentait son frère, ami, complice et guide Serigne Touba Cheikh Saliou Mbacké dans plusieurs événements religieux à l'intérieur du pays. L'illustre disparu était le pont entre le Khalife général des mourides et les autres familles religieuses du Sénégal. Il a marqué toutes les confréries par son omniprésence avec l'aval de son frère. C'était lui aussi le spécialiste des cérémonies de pose de première pierre de mosquées et complexes religieux mourides, et de leurs inaugurations. La direction des prières de Tabaski, Korité et Tamkharit aussi lui incombait depuis la disparition de Serigne Abdoul Khadre (Imam de la mosquée de Touba de 1968 à 1991). Ainsi que celle des obsèques de certains dignitaires mourides. Serigne Mourtada est parti hélas ! Mais en ayant convaincu tout le monde d'avoir bien achevé sa lourde mission de promotion de l'islam et du mouridisme.

En rejoignant au paradis son homonyme et sa référence, le prophète Mouhamed (PSL), son père et idole Khadimou Rassoul et ses illustres frères et s½urs, Serigne Mourtada devient le 18e fils du vénéré Cheikh Ahmadou Bamba à avoir vécu sans accéder au Khalifat. Ce dernier n'aura donc connu, en fin de compte, que cinq fils du fondateur du Mouridisme (Serigne M. Moustapha de 1927 à 1945, Serigne Fallou de 1945 à 1968, Serigne Abdoul Ahad de 1968 à 1990, Serigne Abdoul Khadre de 1990 à 1991 et Serigne Saliou actuel khalife). Ainsi, sur une famille de 28 femmes et 23 hommes, il ne reste plus que Cheikh Saliou Mbacké sur terre. Prions pour que le bon Dieu lui accorde longue vie et une santé de fer.

TESTAMENT DE SERIGNE MOURTADA MBACKÉ : Un legs de plusieurs milliards à Dieu et aux démunis

Le fils cadet de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du Mouridisme, a légué aux démunis un héritage de plusieurs milliards.

Le “Khalife des chantiers scolaires” a beaucoup contribué, outre-Atlantique, à la restitution de la dignité négro-africaine à travers ces “Serigne Touba Days” qui sont, pour nos compatriotes de New York, Washington et ailleurs, un événement majeur qui les ramène à leurs racines, les fidélise à leurs repères et les met à l'abri des tentatives sataniques. Dans le testament prémonitoire publié à New York en 2003, il indique de sa propre main “Au nom d'Allah le Tout miséricordieux, le titre miséricordieux, louange à Allah. Que tous ceux qui auront lu ce document que j'ai écrit moi-même sachent que je prends comme témoins Allah et ses deux anges-scribe et déclare que j'ai immédiatement accompli ma promesse devant Allah. J'ai décidé de dédier le Al Azar islamique Institut et ses centres annexes (bâtiments, terrains et tout ce qu'ils peuvent rapporter dans Ndame, Kaolack, Bambey, Thiès, Saint-Louis, Diourbel et ailleurs) au Tout Puissant, de sorte qu'aucune action qui contrarierait le Créateur, n'y soit pratiqué”. Je prie Allah, le plus Haut, de bénir et de récompenser les travaux mentionnés ci-dessus et tous ceux qui participeront à leur exécution, leur accomplissement et leur réussite. Que Allah, le témoin unique de mes mots, vous accorde, à moi et à tous les musulmans, sa miséricorde”.

« Par Mourtada Dieu élargira mon action » (½uvre).

Cette phrase écrite par le Cheikh Ahmadou Bamba dans un de ces célèbres poèmes : « Weselat rubax » révèle la prédiction de ce que sera la mission de Serigne Mourtada avant sa naissance.

Serigne Mourtada a grandi sous un modèle de foi, qui laissait présager une destinée hors série. Son grand-frère, Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké, fils aîné de Cheikh Mouhamadou Bamba, qui l'a élevé, veillait scrupuleusement à son éducation et à sa formation religieuse.

Déjà à l'âge de 12 ans, le cadet de Cheikh Mouhamadou Bamba affichait une frénésie peu courante dans sa génération par la recherche du savoir, par le culte religieux et la quête des connaissances eschtomologiques. Tout jeune, il était allé en Mauritanie à la recherche du savoir, fidèle aux enseignements de son feu père.

Ce plénipotentiaire hors pair de la foi, de par son action hors de nos frontières, a gagné l'estime, le respect, la considération et la reconnaissance d'illustres cités du monde. Les voyages constants, réguliers et l'action amplificatrice qu'exerce Cheikh Mourtada est une illustration parfaite de ce ver, cela nous permet de saisir la grandeur et l'intelligence de Serigne Mourtada. En effet, il a toujours éprouvé très peu d'intérêt à l'égard des choses matérielles. Dans son enfance Cheikh Mourtada n'a commis ni péché, ai injustice à l'égard de personne.

Moustapha Sokhna Mbaye Diop, son cousin maternel et frère de Sidy Amadou Yalla Diop, ancien directeur de la SOTEXAn raconte que Cheikh Mourtada demeurait toujours dans la solitude la tête baissée. Il ne se plaignait jamais et ne négligeait aucun travail.

Quand on le désignait pour accomplir une tâche, il l'exécutait avec rapidité et détermination sans disputer avec son chef.

Doué d'une intelligence étonnante et d'une nature pure, Cheikh Mourtada écoutait attentivement toutes les histoires relatives à la religion, aux hadiths du Prophète et aux khassayites de son vénéré père Mouhamadou Bamba et les apprenait par c½ur.

En plus, il se mettait à imiter les saints hommes avant même qu'il n'atteignit l'âge de la maturité.

Serigne Gallo Mbaye, actuellement vivant à Darou Khoudoss, contemporain de Cheikh Mourtada, raconte que ce dernier avait entendu dire que sa grand-mère Diaratoullah Maryam disait qu'il était dans les habitudes des pieux gens de prier durant la nuit. Ayant appris cela, Cheikh Mourtada, âgé environ de 10 ans, se mit à prier dès que la nuit tombait et sortait sur la place du village de Touba pour méditer dans l'obscurité de la nuit, comme le font les dévots.

Il est admirable de constater comment Dieu s'occupa soigneusement de Cheikh Mourtada, en lui faisant prendre de bonnes habitudes avant même l'âge adulte. Il ressemblait à celui dont AI Bûsayri à dit : “Tout jeune, il s'accoutuma à la dévotion et à la solitude, ce qui est la conduite des hommes distingués ”.

La supériorité intellectuelle et morale de Cheikh Mourtada est attestée par deux choses parmi d'autres, d'abord le maintien par lui de la pureté de sa nature, son souci spontané et constant d'acquérir des connaissances et des sciences religieuses ; son facile apprentissage et sa rapide compréhension.

En effet, il n'avait jamais entrepris l'étude d'un livre avec un de ses condisciples ou collectivement qu'il l'assimilât le premier et l'expliqua à ces condisciples pour corriger leurs connaissances. Il aimait approfondir ses connaissances. C'est pourquoi, il conseillait à ses premiers disciples qui ont mémorisé le Coran et ayant sensiblement le même âge que lui, Moustapha Sokhna Mbaye Diop, Serigne Fatou Manel Ndiaye, Khabane Diop (pour ne citer que ceux-ci) d'aller à la recherche du savoir même jusqu'en Chine.

Moustapha Diop se dirigea vers le Saloum du côté de Wack-Ngouna, Serigne Ndiaye au Fouta où il rendit l'âme dans une tragique noyade sur le fleuve Sénégal entre Mboumba et Pété.

Exil mystique :

Le rejet de Cheikh Mourtada de ce qu'il conservait encore d'intérêt pour ce monde est une preuve évidente de son ascension à une des plus hautes étapes à savoir la résipiscence, le repentir sincère qui exclut toute dépendance des créatures.

C'est ainsi qu'il prendra le chemin de l'exil à l'image de son vénéré père.

L'ordre donné par son frère Serigne Bachir à son cadet Serigne Mourtada était sans appel : regagner d'urgence Touba. Lorsque les deux fils de Cheikh Bamba étaient en tête-à-tête, Cheikh Bachir lui tient ce langage : “Ton père Ahmadou Bamba t'a désigné avant ta naissance que tu seras celui qui amplifiera son ½uvre à travers le monde En demandant à ton créateur de quitter ce bas monde, que diras-tu à ton père à votre rencontre à l'au-delà ? »

Cheikh Mourtada renonça à son exil. L'ordre était exécuté sans hésitation ni murmure.

Il est aussi une des choses qui témoigne de la grandeur de Cheikh Mourtada ; sa conformité durant toute sa vie aux exigences de la sagesse, aussi bien dans le domaine des pratiques cultuelles que dans celui de ses relations avec ses semblables. Ayant construit une mosquée dans toutes ces maisons au Sénégal et à l'étranger, il s'acquittait des cinq prières canoniques aux heures prescrites et en compagnie de tous les fidèles présents à la maison.

Une anecdote : ce souvenir reste à jamais gravé dans nos mémoires car nous étions présents au moment des faits dans une de ces demeures de Touba en 1975 : une nuit au cours des délestages à Touba, une enveloppe contenant 5 millions lui a été volée par un des “ Beuk Nek ”. Quelques jours après le vol, un des « Beuk Nek » (la maison en comptait plus d'une dizaine) venait apprendre au Cheikh que l'auteur du fait était un tel. Cette confirmation faite devant un public nombreux Cheikh Mourtada très sensible aux torts faits par les hommes à leurs semblables n'appréciait pas cette médisance et cet outrage. Et la réaction ne se fait pas attendre : il pria le rapporteur de faire ses bagages et de sortir de la maison pour toujours. Cette réaction inattendue de Cheikh Mourtada nous plongea tous dans une grande stupéfaction.

Son repos résidait dans la réalisation de nombreuses ½uvres et dans le perpétuel travail intellectuel : construire des écoles et des instituts, à ses propres frais, inaugurer des mosquées en y contribuant financièrement, convertir des non musulmans à l'Islam, aider des indigents à disposer du minimum vital.

Quant à la libéralité et la générosité, elles constituaient ses caractéristiques les plus évidentes. Rien ne lui était trop cher pour être donné.

Oeuvre gigantesque :

Il est difficile de cerner toutes les dimensions d'une grande figure de l'Islam comme Serigne Mourtada, cependant on peut aborder certains aspects de l'½uvre gigantesque qu'il a accompli durant ces quatre-vingts deux années d'existence. Pieux, il cultivait la simplicité comme pour symboliser l'égalité de tous devant Dieu. Cet érudit de conviction et d'envergure, qui perpétuait un héritage spirituel d'une dimension sans commune mesure, s'est beaucoup investi dans le domaine de l'éducation, par l'implantation dans tout le Sénégal et dans d'autres pays africains des écoles arabes et coraniques qui ont formé plusieurs générations d'érudits.

C'est vers les années 70 qu'on a vu émerger de véritables écoles modernes regroupées au sein de ce qui ont à appelé l'institution Al Azar. Cette institution a vu le jour le 15 décembre 1978 à Darou Salam (Ndam) actuellement dirigé par un de ses fils d'une érudition et d'une compétence extraordinaire : Serigne Saliou.

Cette institution avait pour objectifs principaux de renforcer la foi authentique chez les musulmans, en leur assurant une bonne éducation et de contribuer efficacement à la lutte contre l'analphabétisme, la criminalité et le chômage. Serigne Mourtada a fondé l'établissement islamique AI Azar pour concrétiser les v½ux de son père, qui accordait un grand intérêt à l'enseignement et à l'éducation. Il disait aux jeunes à ce propos : « Quiconque vous Interdit de vous instruire est une personne égarée et représentant de Satan. Je recommande à l'ensemble des adeptes de pratiquer la religion, d'avoir une bonne conduite et de s'instruire. C'est grâce à ces trois-là que les désirs peuvent se réaliser ».

L'Institut AI Azar accueillait un grand nombre d'élèves en régime d'internat complet gratuit. Serigne Mourtada assurait le financement. C'est quelque temps plus tard qu'une réorganisation a préconisé des droits de scolarité symboliques. L'Institut AI Azar, encadré par 221 enseignants, dont 14 coopérants égyptiens, sont pris en charge par le marabout. Pour financer toutes ces écoles, Serigne Mourtada entreprend différentes activités économiques, notamment dans le domaine de l'agriculture, le transport, l'industrie alimentaire, le commerce, les stations-service.

Les écoles ne sont pas gratuites, mais compte tenu du fait qu'elles accueillent des enfants de couches populaires, les frais d'inscription et de scolarité sont tenus très bas. D'où leur insuffisance à couvrir les dépenses de fonctionnement du réseau AI Azar. Animé par un élan de grâce et de motivation, il évoluait en permanence dans une optique qui visait l'intensification de la luminosité de l'Islam au Sénégal et partout ailleurs dans le monde.

De grandes ½uvres, fruit d'un labeur acharné, sont aussi à l'actif de cet homme de plus de 60 ans. Ainsi, il aura investi divers secteurs d'activités, notamment dans le transport, l'édition, l'agro-business à Ross-Béthio dans le Delta du Fleuve Sénégal, recrutant sur place des agriculteurs salariés.

Sa dernière trouvaille, c'est le secteur de la boulangerie. Le marabout envisageait d'installer des PMI, PME qui devaient être gérées par des Sénégalais diplômés et à la recherche d'emplois.

Aujourd'hui, de par son action, le Sénégal compte plus de 115 instituts disséminés à travers 11 régions. Et plus de 500 à travers le monde (...)

Chaque année, les différents instituts forment une centaine d'enseignants en langues française et arabe. A ce jour, AI Azar a formé plus de 1.000 enseignants intégrés dans la Fonction publique.

Al Azar Transport :

Croyant profondément au culte du travail, Serigne Mourtada Mbacké le Bâtisseur infatigable ne s'est pas arrêté en si bon chemin. La société AI Azar, créée pour alléger les souffrances des Sénégalais, est une parfaite illustration que le guide prenait en compte le bien-être de ses concitoyens. Traversant la Seine, le Rhin et le Danube en passant par les USA, l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne, il a exporté et exprimé la philosophie du Mouridisme à des peuples dont ni l'histoire, ni la finalité ne permettaient de penser qu'un jour le fils de Cheikh Ahmadou Bamba allait être le continuateur du noble combat du fondateur du Mouridisme.

« Par Mourtada, Dieu élargira mon action » (½uvre). Disait le poème. Une image saisissante que toutes les caméras du monde entier ont diffusée à outrance est celle du maire de New York, lui tenant le parapluie.

Il s'est lancé dans le transport interurbain avec ses bus communément « Baye Défal Yalla », qui desservent plusieurs lignes à des tarifs qui défient toute concurrence (...)

AI Azar Transport, qui est géré par un Groupement d'Intérêt Economique (GIE) paradoxalement ne fait pas de bénéfice. Son objectif est d'aider les populations désireuses de voyager. Après le souci premier de faciliter l'accès à Touba, il s'est agi ensuite de contribuer au désenclavement des contrées lointaines du Sénégal. C'est ainsi que les trajets Kédougou-Tambacounda-Bakel-Touba-Dakar-Ourossogui et Dagana-Dakar ont été notamment organisés.

C'est pourquoi le marabout lui-même comble le déficit permettant ainsi d'équilibrer les comptes. Chaque véhicule est en règle avec toutes les administrations.

A l'image de la floraison des «Keur Serigne Touba» (la maison du guide de Touba) en Italie, en France, en Espagne, en Afrique du Sud, aux Etats-unis, en Allemagne, etc. nids de solidarité, conforts des hommes besogneux qui retrouvent la quiétude des sérénités dévotes.

Serigne Mourtada ne pouvait alors que produire un effort d'augmentation, d'attraction vers le Mouridisme dont la facette sublime et sublimante attire comme des abeilles sur les pétales des fleurs, des femmes et des hommes d'Occident, en quête de sens. Ces résidences représentent un des aspects du travail colossal que le marabout a accompli au profit de nos compatriotes de la diaspora (...)

“Ces Serigne Touba Day's” sont devenus un moyen sûr pour lutter contre la perdition chez nos compatriotes de nos acquis religieux, notamment (...)

La visée de Cheikh Mourtada ne se limite pas à notre continent, loin de là. Elle se veut universelle, afin de faire transparaître la vérité sous la lumière de l'Islam.

Les Journées culturelles annuelles de Cheikh Ahmadou Bamba à New York (Etats-Unis) constituent une des nombreuses occasions pour convertir beaucoup d'Américains à l'Islam et consacrer leur adhésion au Mouridime (...)

L'Universalité du message de Cheikh Amadou Bamba, il l'a propagé à sa façon, en faisant une option résolue sur l'enseignement coranique. Pour toutes ses raisons, le combat inlassable de cent homme de Dieu pour la diffusion du savoir, particulièrement le Coran au sein d'une société dominée par le matériel, mérite d'être souligné. Il serait juste que la Oumma, à travers l'OCI, dédie un titre posthume à cet homme qui a tout donné pour la diffusion du savoir.

Avec la disparition d'un homme de cette envergure, c'est toute l'humanité qui perd ainsi un bâtisseur, dont la vie à été consacrée à la magnificence et à la diffusion du message d'Allah.

L'½uvre du cadet de Khadim Rassoul nous servira de recours dans notre quête quotidienne d'un monde de paix et de droiture (...)

# Posté le lundi 23 mai 2005 08:20

mame cheikh ibrahima fall

mame cheikh ibrahima fall
Le Cheikh Maa El Aynain, fils de Mohamed El Fadel Ibn Maamin avait écrit des poèmes merveilleux sur les qualités exceptionnelles de Khadimou Rassoul. Cependant, pendant longtemps, il était intrigué par le cas d'Ibra Fall et par les commérages à son sujet. Il entra alors en "Khalwa" pour demander à Allah de l'éclairer là-dessus. A la sortie de sa retraite spirituelle, il composa un poème dont nous publions de larges extraits.

"Cheikh Ibra, tu as été élevé au dessus


des humains"


"Cheikh Ibra, tu as dépassé les horizons de la loi et de la voie " !

"Ibrahim Fall, tu as devancé tes pairs depuis l'Éternité"

"Ton état de réalisation ne peut-être compris par de simples mortels"

" Ta supériorité est indiscutable..."

"... La voie d'Ibra Fall dans le Mouridisme est l'une des meilleures"

"Celui qui la prend sera protégé contre l'enfer et les châtiments"

"Il passera comme l'éclair le jour de la Traversée... du Pont "

"... Mes paroles proviennent de la source des connaissances"

"Ô inconscient qui suspecte la voie de notre frère Ibra Fall"

"Repens-toi devant le Seigneur clément"

"Car celui qui persévère dans l'errent"

"Sera saisi par le Toupet"

"Et entraîné par les anges de l'enfer"

"Qu'Allah nous préserve d'un sort pareil"...

LE PRECURSEUR
Compagnon le plus célèbre mais aussi le plus incompris, Mame Cheikh Ibra Fall est accepté par tous comme ayant joué un rôle capital auprès de Cheikh Ahmadou Bamba, sans jamais heurter l'intransigeance de ce Maître sur les principes fondamentaux de l'Islam.

Né vers 1860 à Ndiamby Fall, un village proche de kebemer, ce descendant de la lignée royale du cayor était doublé d'un fin lettré.

Ce n'est que vers les années 1880 que suite à de longues pérégrinations à travers le pays Cheikh Ibra trouva enfin le Maître dont il était pari à la recherche. Ce 19e jour du mois de Ramadan est actuellement célébrée chaque année par ses descendants.

En cette époque, Cheikh

Ahmadou Bamba professait le Coran et les sciences religieuses dans la concession de son père, au village de Mbacké Cayor où l' avait installé le damel Lat Dior de son retour d'exil. Pendant que les étudiants continuaient de s'interroger sur le contenu des livres et la traduction des formules secrètes du coran, Cheikh Ibra Fall en se soumettant entièrement à ce Maître, introduisit un nouveau type de rapport qui allait marquer le mouridisme naissant. Si aujourd'hui on lui doit le sobriquet de « Lamp- Fall »ou de « Baboul Mouridîna : porte du mouridisme », c'est surtout parce qu'il a balisé par le travail et une abnégation totale, le chemin historique du mouridisme.

Infatigable défricheur des sites où Cheikh Ahmadou Bamba allait installer ses nouveaux villages, il était le chef de file dans les tâches de construction et de production agricole.

En 1912, lorsque Cheikh Ahmadou Bamba, de retour de ses différents exils fut maintenu en résidence surveillée à Diourbel, Cheikh Ibra, à l'instar des autres grands compagnons s'établit dans la ville à quelques foulées de cheval de la demeure du Maître. Sa grande concession par extension est devenu le quartier qui à Diourbel porte son nom.

Les Baye-Fall, multipliés au gré de la baraka du Saint homme, continuent de conserver le statut de leur précurseur et prolongent son ½uvre , toujours à côté de la descendance de Cheikh Ahmadou Bamba. Apres sa disparition en 1930, cinq de ses fils prirent successivement la succession : Serigne Modou Moustapha Fall, S. Abdoulaye Fall, S. Mor Talla Fall, S. Assane Fall, et S. Abdou Sakor Fall. Aujourd'hui, la confrérie est passée sous l'autorité de l'aîné de ses petits fils, Serigne Modou Aminata Fall.

LE TRAVAIL , VOIE ROYALE D'ACCES A DIEU.

Leur triple mission de formation, d'organisation et de soutien à la famille du fondateur du mouridisme occupent toute leur vie. Pour lui, le travail est la voie royale d'accès à Dieu. Il n'empêche, le Baye-Fall est en permanence plongé dans ses captivantes séances d Zikroullah ou louange à Dieu ; sa façon à lui de vénérer le Tout Puissant.

La famille Baye-Fall repose sur le droit d'aînesse et la pratique de la polygamie illimitée, particularité des plus fustigées par les défenseurs inconditionnels de la charia. Le Baye-Fall toutefois, comme dans toutes les principes qui régissent sa vie n'en a cure et ne se fie qu'à Serigne Touba, l'érudit des érudits, le connaisseur des connaisseurs et le Maître du talibé mouride sur terre comme dans l'autre monde, et qui a défini et autorisé les pratiques de sa vie.

Le Baye-Fall, dans l'imagerie populaire de ceux qui vivent très loin les réalités de cet adepte de Cheikh Ibra Fall, est très souvent perçu à travers de multiples déformations.

Loin d'être seulement un personnage grossier habillé de haillons multicolores, la chevelure débroussaillée ou très longue, la démarche agressive, il est un croyant pour qui la religion s'arrête aux ordres du marabout qu'il vénère plus que toute autre chose.

Le véritable Baye-Fall s'oppose radicalement au vagabondage et mène une vie austère qui le détache de tous les interdits. Au delà des clichés le faisant apparaître comme un troubadour ou un délinquant en mal de refuge social, le disciple de Cheikh Ibra Fall se veut le prolongement de celui qui fut l'exemple même du « talibé » et symbolise le mouridisme sous ses facettes économique, culturel, et sociale.

Le Baye-Fall applique à la lettre les principes de soumission au marabout : « je me soumets à vous dans ce monde et dans l'au-delà. Je ferai tout ce que vous me dicterez et laisserai tout ce que vous m'interdirez... »tel est le credo du Baye-Fall. Au fil des ans, le comportement de ce talibé hors pair sera marqué par le travail*, l'abnégation totale face aux biens de ce monde et le respect scrupuleux des ordres du cheikh. Le travail, parce qu'il permet le dépassement de soi dans l'effort, est le premier pilier du « baye-fallisme ». Ainsi, aujourd'hui comme hier, les vrais Baye-Fall continuent de défricher chaque année des centaines d'hectares, abattant en une journée des superficies importantes. La production milicole et arachidiere a connu de la sorte, des performances légendaires grâce à ces soldats champêtres au zèle inégalé.

Le véritable Baye-Fall reprouve la violence. A l'instar du précurseur du mouridisme, cet homme discipliné ne veut rien obtenir par la violence bannie par les règles de vie de la communauté.

Sur le plan culturel, l'originalité du Baye-Fall a dépassé les frontières du senegal et fait école un peu partout dans le monde. Sa chevelure hirsute aurait inspiré les rastas,. Le petit bâton dissuasif qu'il porte est utilisé depuis l'époque où le port d'arme blanche était prohibé. Quant à la ceinture, elle permet de se caler l'estomac pour mieux résister à une longue journée de travail, ou une nuit interminable de litanies...Parmi les autres objets qui donnent à ce « chevalier de la foi » son aspect authentique, le bonnet et le talisman sont bien les plus remarqués. L'un est souvent noir avec une pouffe au bout de son long pendant, et l'autre se distingue par le travail artistique raffiné des cordonniers et se ballote au bas ventre symbolisant toute la fierté du talibé.

En outre, ces hommes sont tous farouchement retranchés dans le cadre culturel découpé par le mouridisme. La langue wolof qu'il parle en général ne souffre de la moindre intrusion de langues étrangères. D'ailleurs le Baye-Fall cultive une nette démarcation vis-à-vis des cultures occidentale et arabe.

Durant les moments de grande ferveur religieuse, il arrive qu'un des talibés à la sensibilité élevée tombe en extase. Lorsque c'est le « choc » véritable des ondes spirituelles, quelle que soit l'intensité de ses efforts, le Baye-Fall cognant durement contre un mur ou un pilier en fer, en sort sans la moindre éraflure. Ce phénomène échappe aux explications rationnelles.

Foncièrement communautaire, la confrérie de Cheikh Ibra Fall entretient jalousement une réputation de solidarité qui fait de chacun de ses membres, le maillon d'une chaîne ininterrompue. La contribution de tous est une règle d'or pour réaliser une ½uvre ou pour faire face à un événement social. Ainsi en plus de l'investissement humain qui mobilise le maximum des effectifs disponibles, les « kureel », par petits groupes sillonnent les villages et les villes au son des « xiin » et du Zikroullah, pour collecter les souscriptions. C'est ce qu'ils appellent le «madial». Ici, contrairement aux jours de fête où le boubou d'apparat est de rigueur, la tenue en cette circonstance peut varier du boubou multicolore au simple caftan de séjour. Aucune note excentrique n'intervient cependant pour altérer l'ambiance d'humilité et de foi qui caractérise les expéditions.

Les sommes recueillies ne sont amputées d'aucune charge et viennent en complément aux efforts déjà consentis par le groupe. Elles seront versées ou à la trésorerie ou directement au marabout qui gère la réalisation de l'½uvre.

C'est en dernier ressort autour de ce chef religieux que gravite toute la vie de la communauté. Formé à travers diverses écoles traditionnelles ou « daara », le marabout Baye-Fall est un fin lettré doublé d'un homme d'action peu enclin aux génuflexions quotidiennes qui rythment la prière. Le chapelet toujours à la main, il s'adonne cependant à longueur de journée à des oraisons dont il détient seul les secrets...
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# Posté le lundi 23 mai 2005 08:25

serigne fallou mbacke

serigne fallou mbacke
) Le développement par Serigne Mouhammadou Falilou Mbacké (1888-1968)
Comme son frère aîné, il nacquit à Darou Salam, et prit la relève en assurant le khalifat de la confrérie mouride 23 ans durant (de 1945 à 1968).

Il était aussi bien connu pour son humour, son ascétisme et ses prières miraculeuses. Le développement de la ville s'est effectivement effectué avec Serigne Falilou Mbacké qui a pu achever la construction de la mosquée, augmenter le nombre de forages et créer le marché "occasse" qui a une importance économique pour la ville surtout en période de traite.

Il entreprit aussi de nouveaux plans d'urbanisation avec la construction de nouvelles habitations, les rues convergeant toutes vers la grande mosquée.

Instigateur du grand magal qui consiste à célébrer le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba le 18 safar, il a fait de la ville non seulement un lieu de pèlerinage mais aussi un lieu d'immigration car constituant à cet événement une sorte de foire rassemblant un nombre important de commerçants qui finissent par s'installer.

En 1963, il procéda à l'inauguration de la mosquée et rendit l'âme 5 ans plus tard.

# Posté le lundi 23 mai 2005 08:28